Archive for octobre, 2010

Les Petits Secrets d’Emma, de Sophie Kinsella

jeudi, octobre 28th, 2010

Présentation de l’éditeur

Ce n’est pas qu’Emma soit menteuse, c’est juste qu’elle a des petits secrets. Des trucs pas bien méchants. Par exemple, elle fait un bon 40, pas du 36. Elle trouve que Connor, son petit ami, ressemble étrangement au Ken de Barbie. Elle ne supporte pas les strings. Elle a très légèrement embelli son CV. Elle déteste sa cousine Kerry. Et avec Connor, au lit, c’est pas franchement l’extase. Bref, rien de bien méchant, mais plutôt mourir que de l’avouer. Mourir ? Justement ! Lors d’un voyage en avion passablement mouvementé, Emma croit bien voir sa dernière heure arriver. Prise de panique, elle déballe tout au séduisant inconnu assis à côté d’elle. Sans savoir que l’inconnu en question n’est autre que son P.-D.G. Passé le soulagement de sortir vivante de ce vol infernal, Emma réalise qu’elle vient de se mettre dans une situation pour le moins embarrassante…

Mon avis à moi que j’ai

Un livre pour fille, typiquement ! Distrayant et facile, idéal pour passer un bon moment et poser son livre avec le sourire. On se retrouve même parfois un peu dans les réactions d’Emma ! Ce qui m’a moins plu, c’est l’histoire à l’eau de rose sous-jacente à tout ça, et le fait qu’on sache pertinemment comment ça va finir, mais l’humour est au rendez-vous donc ça passe plutôt bien. Frais comme le printemps ! 

Le Joueur d’Echecs, de Stefan Zweig

dimanche, octobre 3rd, 2010

Présentation de l’éditeur

Czentowicz, champion d’échecs arrogant, esprit borné à outrance, inculte et étonnamment stupide, occupe le premier plan jusqu’à l’entrée en scène de Monsieur B. Dès lors que cet aristocrate autrichien s’intéresse à la partie livrée entre le champion et les passagers amateurs, la direction du texte bascule. Par un effet de symétrie, la narration se transforme en un face à face tendu entre un esprit brillant et rapide à l’intelligence abstraite et un cerveau au pragmatisme brutal, incapable de projection véritable. Mise en scène percutante de la résurrection de la folie, cette nouvelle oscille entre ouverture et enfermement. Dans cette avancée implacable de la stupidité destructrice, allégorie de la victoire du nazisme mais aussi chef-d’oeuvre de composition, Zweig s’intéresse peu à la survie du corps, préférant montrer les réactions de l’esprit, qui trouve un symbole parfait dans ce jeu éminemment intelligent mais désespérément stérile. Publié en 1943, un an après le suicide de son auteur, Le Joueur d’Echecs fait figure de testament dans l’oeuvre de Zweig.

Mon avis à moi que j’ai

Une description de ce qu’est la torture morale et de la façon dont, crescendo, elle mène vers la folie… Cette nouvelle est une petite curiosité à elle toute seule, avec pour arrière-plan le monde méconnu des échecs. Bien amenée, l’histoire de monsieur B. est une histoire dans l’histoire, celle d’un homme dont la détresse psychologique est telle qu’elle menace de le rendre fou. Ultime paradoxe, l’échappatoire qu’il va trouver lui permettra certes de survivre, mais pas d’échapper à une certaine folie. Intéressant, faute d’être passionnant !